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« Cuba dénonce la politique US et réaffirme le rôle de la Révolution ! » Entretien avec Luciano Vasapollo

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aut_6024BisLes pressions politiques continues et, surtout, les opérations « d'intensité limitée» de la CIA et du Département d'État des USA, menées dans presque tous les pays d'Amérique latine, affectent la situation politique et la stabilité de nombreux pays d’Amérique latine, en sorte que la conjoncture politique et économique du continent devient de plus en plus complexe.

Le Huitième Sommet des pays américains a clairement démontré que les USA tentent de démanteler tout ce que les gouvernements progressistes ont créé ces dernières années. Depuis les réformes sociales jusqu’aux projets de coopération régionale (Mercosul, CELAC et UNASUR). Un contexte qui, par analogie historique, réaffirme la présence et le rôle politique de Cuba comme ultime défenseur de la souveraineté et de l'indépendance de tous les pays latino-américains. Dans cette mesure, l'élection de Miguel Diaz-Canel à la présidence de la République de Cuba est d'une extrême importance, pour deux raisons. La première, c’est qu’avec lui, le processus révolutionnaire - que l'impérialisme US voudrait briser – héritier du socialisme et de la pensée de José Martí, va poursuivre dans la voie de l'évolution économique et de la dynamique politique ouverte par la Révolution en 1959. En fait, il s’agit d’un processus révolutionnaire qui, fidèle aux principes du socialisme, a élargi le concept de démocratie populaire, vivant en direct les phases de l'évolution historique, dont fait partie intégrante la volonté permanente de mieux systématiser la planification des biens publics et des éléments programmatiques.

La seconde est que le gouvernement, l'État et le peuple de Cuba ont entamé la troisième phase d'une Révolution qui s'est révélée unique dans le temps et toujours plus moderne. C’est pourquoi nous avons demandé au professeur Luciano Vasapollo d’analyser la force idéologique de cette révolution, afin qu’il nous aide à comprendre l'importance et le rôle géostratégique de l'État révolutionnaire dans la situation politique actuelle à Cuba et en Amérique latine.

Luciano Vasapollo est professeur à l'Université "La Sapienza" de Rome. Directeur scientifique du CESTES (Centre d'Études pour les Transformations Économiques et Sociales) et des revues Proteo et Nuestra America (Italie). Il est également membre du comité de rédaction de Laberinto. Il fait partie de la coordination nationale de la Rete dei Comunisti (Réseau des communistes) et est l'un des coordinateurs de la section italienne du Réseau des intellectuels pour la défense de l'humanité.

Achille Lollo – Pendant que les Italiens somnolaient devant le feuilleton « Di Maio contre/avec Salvini »*, Cuba, au Huitième Sommet des Amériques qui se tenait à Lima au Pérou, a dénoncé l'asservissement de l'OEA à la Maison Blanche et les effets néfastes de la politique impérialiste des USA en Amérique latine. L'intervention ferme du ministre cubain des Affaires étrangères Bruno Rodriguez Parrilla, puis celle du nouveau président cubain, Miguel Diaz-Canel, ne sont-elles que d’éphémères étincelles ou montrent-elles le rôle politique que Cuba prétend assumer en Amérique latine?

Luciano Vasapollo: En effet, le 14 Avril, le ministre Bruno Rodríguez Parrilla a provoqué un choc à la Cumbre de Lima, dénonçant publiquement, non seulement le Secrétaire général de l'OEA, Luis Almagro, mais, surtout, le projet stratégique de la Maison Blanche, qui vise à reconstituer sa sphère d'influence dans tous les pays d'Amérique latine, par des tripatouillages électoraux , la destitution « légale » de présidents régulièrement élus et le sabotage économique. À ce sujet, je citerai les propos du ministre Bruno Rodríguez Parrilla: «... Les événements récents montrent que l'OEA et surtout son secrétaire général sont devenus des instruments des USA. Leur but aujourd'hui est de rétablir la domination impérialiste, de détruire la souveraineté nationale par des actions non conventionnelles, de renverser les gouvernements populaires, d’en finir avec les conquêtes sociales et de rétablir le libéralisme sauvage sur tout le continent ... ". Ainsi, les paroles fermes du ministre Bruno à l'égard des USA sont devenues une référence politique pour les gouvernements progressistes d'Amérique latine et pour les partis de gauche du monde entier, en particulier lorsqu'il a déclaré: «... Cuba n'acceptera pas les menaces, et encore moins du chantage du gouvernement US. Nous ne voulons pas l'affrontement, mais nous ne négocierons aucun de nos problèmes internes et nous ne reculerons pas d'un millimètre sur nos principes. Pour défendre l'indépendance de la Révolution et du socialisme, le peuple cubain a fait de nombreux sacrifices, c'est pourquoi le 19 avril nous commémorerons, avec une grande fierté, la bataille de la Baie des Cochons, où nous avons vaincu une énième agression de mercenaires ! »

En pratique, ces deux phrases résument l'avenir politique de Cuba, surtout après les attaques subies par le Venezuela et Cuba à ce Sommet. Elles mettent à nouveau en évidence l’attitude et les positions révolutionnaires de Cuba qui, selon la Maison-Blanche, s'étaient atténuées après la rencontre de Raul Castro avec Obama. En fait, quatre jours plus tard, le 19 avril, le nouveau président de Cuba, Miguel Diaz-Canel, était encore plus spécifique et radical, je le cite : "... je confirme que la politique étrangère de Cuba restera inchangée et j’ affirme que personne ne réussira à affaiblir notre Révolution, car Cuba ne fait pas de concessions qui touchent à sa souveraineté et à son indépendance ... .Les changements qui seront nécessaires, nous les ferons quand le peuple cubain les aura décidés en toute souveraineté. »

Je voudrais rappeler qu’à ce Sommet des gouvernements latino-américains, la présence de la CIA s'est fait honteusement sentir. Surtout quand un groupe de pays a proposé d'exclure le président Maduro, pour le remplacer par les représentants de l'opposition vénézuélienne. Une opération de propagande électorale authentiquement provocatrice, si l'on considère que le 20 mai au Venezuela auront lieu trois élections, l'élection présidentielle, celle pour le renouvellement des membres des parlements des Etats de la fédération, et celle pour l'élection des membres des conseils municipaux. Le show organisé par les antennes de Langley [la CIA] s'est ensuite poursuivi avec la participation d'une dizaine d'opposants cubains, résidant à Miami, naturellement.  

L'élection à la présidence de la République de Miguel Diaz-Canel a surpris les observateurs et surtout les critiques, qui avaient déjà annoncé la fin de la Révolution. Que représente ce choix dans l'ensemble de la conjoncture politique à Cuba?

Le choix de Miguel Diaz-Canel reflète la grande force d'expression que possède aujourd'hui à Cuba la démocratie populaire, socialiste et participative. En fait, Miguel Diaz-Canel représente la continuité de la Révolution cubaine, car c’est un cadre qui a été formé à l’intérieur même de ce processus révolutionnaire, participant à toutes les phases de la construction de la démocratie populaire. Je voudrais rappeler que, dès son plus jeune âge, Miguel Diaz-Canel a pris part à cette révolution, d'abord comme militant puis comme dirigeant de la jeunesse communiste universitaire. De profession, il est ingénieur électronicien. Il a exercé l’emploi de professeur titulaire à la faculté d’ingénierie électrique de l'Université centrale « Marta Abreu » de Las Villas et a ensuite été nommé recteur de cette même université. Il a dirigé pendant dix ans le comité provincial du PCC, d’abord dans la province de Villa Clara, puis dans celle de Holguín. En 1991, il intègre le Comité central du PCC, puis, en 2002, il est nommé au Bureau politique. En 2009, il a été appelé à la tête du ministère de l'Enseignement Supérieur. En mars 2012 il devient un des vice-présidents, puis en 2013, le Parlement cubain le désigne comme Premier Vice-Président du Conseil d'État et des Ministres et, par conséquent, numéro deux du gouvernement.

Je voudrais souligner que son élection au poste de président a été tout à fait transparente et représente, par conséquent, l’adhésion de la troisième génération à ce processus révolutionnaire, parfaitement représentée par la direction politique et idéologique de Cuba. En fait, Miguel Diaz-Canel a été élu président à l'unanimité par les 605 membres du Parlement pour gouverner pendant cinq ans, soit jusqu'en 2023, avec la possibilité d'être réélu une deuxième fois jusqu'en 2028. Et je peux affirmer, avec la plus grande sincérité, que Miguel Diaz-Canel, en plus d’être d'être un grand leader et un grand marxiste, est aussi un excellent camarade que je connais comme mon propre frère et que je considère comme le meilleur continuateur de la tradition communiste et socialiste cubaine. C’est peut-être pour cela que certains font la grimace dans les capitales du monde occidental !

 

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Miguel Díaz-Canel et son épouse Lis Cuesta Peraza, faisant la queue pour le vote de la nouvelle Assemblée nationale à Santa Clara le 11 mars 2018

Initialement, la "grande presse" du monde occidental a commenté l'élection de Miguel Diaz-Canel en utilisant des adjectifs pleins de fiel. Ensuite, presque tout le monde, de La Repubblica au New York Times, a tenté de répandre l'idée que la révolution serait dans sa phase finale, « ... puisque la famille Castro quitte les allées du pouvoir ... ». Pourrais-tu expliquer les raisons de la rancœur de ce terrorisme médiatique ?

Malheureusement, quand ils parlent de Cuba, les médias du « Premier Monde » ont recours à des adjectifs simplistes plutôt qu'à l'analyse politique. Ils utilisent le mensonge pour occulter la dignité d'un peuple. Ils pratiquent systématiquement une escroquerie sémantique afin de rabaisser le succès réel des démocraties socialistes et populaires, justement parce que cette réalité reste vivace, résistant à toute forme d'attaque. Je suis convaincu que si, aujourd'hui, un éditorialiste utilise des adjectifs de mauvais goût contre Cuba, comme ceux utilisés pendant la guerre froide, du genre « le régime dictatorial castriste .... » ou « ... le pouvoir de la famille Castro ... », ils ne le font que pour respecter les normes que la logique de l'impérialisme a fixées pour les médias.

En pratique, le but de ces formes d'expression est de nier, dans tous les sens, qu’il existe à Cuba un processus révolutionnaire populaire, qui implique l'exercice de la démocratie directe par la base, l'affirmation de l'égalité. C'est nier les fondements de la démocratie socialiste. Par exemple, pendant des années, ils ont mentionné le soi-disant «pouvoir de la famille Castro», mais ils ont toujours omis de mentionner qu'aucun des sept enfants de Fidel et des quatre de Raul n'a jamais occupé de poste au gouvernement!

La vérité est que le peuple cubain a trouvé, dans les grands artisans de la Révolution de 1959 et ensuite dans le PCC, des dirigeants en lesquels il a pleine confiance. Fidel Castro, Che Guevara, Raul Castro, Camilo Cienfuegos et tous les autres militants de la Sierra ont déclenché une révolution devenue profondément populaire, anticolonialiste, anti-impérialiste, socialiste et fidèle à l’esprit de José Martí. Une révolution qui, sans l’appui politique et le soutien moral des masses cubaines, n'aurait pas résisté très longtemps à toutes les attaques qu’elle a subies de 1959 à aujourd'hui! Ainsi, ceux qui recourent à la phraséologie de la guerre froide font tout simplement du terrorisme médiatique. Et cela vaut pour le prestigieux éditorialiste du New York Times, et pour ceux, évidemment moins prestigieux, de Libero ou La Repubblica ! Un terrorisme médiatique qui n'est toutefois pas gratuit, car il fait partie intégrante du "business" de la propagande politique conçu par les maîtres à penser de l'impérialisme, et est ensuite récompensé par les contrats publicitaires des multinationales.

Immédiatement après l'élection de Miguel Diaz-Canel, le Secrétaire Général de l’OEA, Luis Almagro a publié une déclaration absurde visant à discréditer le système électoral cubain. Pourrais-tu donner quelques exemples pour expliquer le fonctionnement du modèle électoral cubain?

Ils disent dans cesse que les élections à Cuba ne sont pas démocratiques, car elles seraient limitées aux membres du Parti Communiste Cubain ... Malheureusement, par ignorance ou par malice, ils oublient que, sur huit millions d'électeurs, seuls 800 000 ont la carte du PCC, et seulement 400 000 sont des membres de la jeunesse communiste, l'UJC. Cela signifie que 85% des électeurs, soit à peu près 6 800 000, ne sont pas membres du PCC. Lors des dernières élections, où la participation populaire a été massive (86,5% de votants), sur 605 députés élus au Parlement, 293 (soit 48,5%) ne sont pas membres du PCC ! Sans oublier que, sur 605 députés, 322 sont des femmes (53%) et 338 (56%) ont été élus pour la première fois. En outre, 40% des députés élus sont noirs ou métis, l'âge moyen étant de quarante-neuf ans, tandis qu'un groupe de quatre-vingts nouveaux députés a entre dix-huit et trente-cinq ans! Les vieux cadres de l’époque de la Sierra Maestra sont à peine soixante, soit 9,5%!

Cependant, l'élément le plus important que les analystes de la « grande presse » oublient quand ils critiquent le modèle électoral cubain est que le Parti Communiste Cubain, «selon la loi », ne peut pas présenter de candidats aux élections. Ceux-ci sont sélectionnés et élus par les bases populaires lors des élections municipales, puis au niveau de la province et, enfin aux législatives. Ce n’est pas comme ici, en Italie, où les candidats du Parti démocrate ou de Forza Italia qui n'ont pas été élus faute d’un nombre suffisant de voix, sont repêchés quand ils figurent sur la fameuse « liste de parti »** !

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Quant à la déclaration de Luis Almagro, c’est le fruit du ressentiment qu'il nourrit à l’égard de la gauche et de tout ce qu’elle représente en Amérique latine. En fait, il a toujours été un "Blanco", c'est-à-dire un militant du Parti National [Uruguay]. Mais pour faire carrière en tant que diplomate, il a compris qu'il devait entrer dans le Frente Amplio. Dans ce but, il a ahéré au MPP [Mouvement de Participation Populaire, issu du mouvement des Tupamaros], devenant d’abord adjoint pour les questions internationales de José Mujica, alors ministre de l'Agriculture dans le gouvernement Tabaré Vasquez, puis ambassadeur en Chine. Puis, quand Mujica est devenu président, Almagro a été nommé ministre des Affaires étrangères car, dans le Frente Amplio, il était le seul à avoir une expérience d'ambassadeur. Par la suite, Mujica l'a proposé au poste secrétaire général de l'OEA, où Almagro est redevenu le « Blanco » qu’il n’avait cessé d’être, attaquant surtout le Venezuela, Cuba et la Bolivie. À tel point que le journal uruguayen El Observador a publié le 20/11/2015 la lettre dans laquelle l'ancien président Mujica l'a qualifié de traître. À Washington, Almagro est appelé « M. Panqueca » (pancake). Comme l’a écrit Antonio Mercader dans El Pais : » ... Almagro change d’idées politiques en moins de temps qu’il ne faut pour faire cuire une pancake et ses louvoiements sont une constante de sa carrière politique. » Ce qu’Almagro a dit contre l'élection de Miguel Diaz-Canel est tout à fait typique du registre d’un Mister Pancake !

Pour les maîtres de la Maison Blanche, quiconque s’écarte maintenant des concepts de la démocratie bourgeoise, quiconque remet en cause la logique de l'impérialisme et dénonce les effets de la dépendance géostratégique et économique est considéré comme un ennemi, comme à l’époque de la Doctrine de Sécurité Nationale ?

Les apparences et la rhétorique des médias ont changé, mais le concept d’"État voyou" est le même. Pour la Maison Blanche, Cuba reste un État voyou, comme la Syrie, l'Iran, et comme ont été catalogués par le passé l'Angola, le Nicaragua, la Libye et de nombreux autres pays qui avaient des gouvernements révolutionnaires. Il suffit par exemple de parcourir les annales des journaux usaméricains pour lire les absurdités que racontait Chester Croker quand, en 1982, l'armée du régime raciste d’Afrique du Sud a envahi pour la deuxième fois le sud de l'Angola. Ou de relire les éditoriaux controversés des principaux journaux européens lorsque les occupants sud-africains ont été définitivement vaincus en mai 1988 lors de la bataille de Cuito Cuanavale, grâce à la participation des valeureux combattants internationalistes cubains aux côtés de l'armée angolaise (Forces armées populaires de Libération de l’Angola/FAPLA).

Malheureusement, la logique de l'impérialisme, que ce soit avec le démocrate Barack Obama ou le super-conservateur Donald Trump, est une logique de pouvoir qui se répète au fil des ans, changeant à peine son discours et ses apparences extérieures. La vérité est que la conception géostratégique des maîtres qui se sont succédés à la Maison Blanche n'a jamais changé, de l’Opération Phoenix au Vietnam à l'Opération Condor en Amérique latine, de l'invasion de la Grenade à celle du Nicaragua avec les Contras, de l'attaque contre l'Irak à celle contre la Libye, du blocus économique contre Cuba aux sanctions contre le Venezuela.

La demande du sénateur US Marco Rubio d’une application plus stricte du blocus économique et les pressions du gouvernement de Donald Trump sur celui du Canada pour obtenir qu’il réduise la présence à Cuba de 85 entreprises canadiennes, dont certaines assurent le raffinage du nickel, sont-elles des initiatives politiques personnelles ou représentent-elles la conception géostratégique des USA ?

Malheureusement, aux USA, les politiciens se servent de questions géostratégiques majeures pour alimenter leurs campagnes électorales ou renforcer leur leadership au sein de leur parti. Par exemple, le sénateur de Miami Marco, Rubio a déjà dit aux sponsors du Parti républicain que le prochain président des USA devra être d’origine « hispanique ». Ainsi, revendiquant l’origine cubaine de ses parents, le sénateur Marco Rubio défend une plus ferme application du blocus économique et la rupture des relations diplomatiques avec Cuba, pour promouvoir sa campagne électorale au sein du Parti républicain. Cependant, le gouvernement de Donald Trump fait monter la pression sur le gouvernement du Canada pour lui imposer le « commandement impérialiste », afin de satisfaire la bourgeoisie usaméricaine et les maîtres de Wall Street .

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De toute façon, le blocus économique a été et reste un facteur central dans le développement économique et social de Cuba, et c’est ce qu’a souligné le président Miguel Diaz-Canel dans son discours à l'Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire : « Aucun pays n'a résisté pendant tant d'années, sans capituler, à un siège économique, commercial, militaire, politique et médiatique comme ce fut le cas de Cuba ... . Nous allons donc continuer à résister aux menaces de ce puissant voisin impérialiste. Cependant, nous serons toujours disposés à dialoguer et à coopérer avec ceux qui, pour leur part, le veulent, dans le respect et en maintenant un rapport d'égalité. Dans cette législature, il n'y aura pas de place pour ceux qui aspirent à une restauration capitaliste. Cette législature défendra la Révolution et continuera à perfectionner le socialisme. Pour parler simplement: la Révolution cubaine restera fidèle à la chemise vert olive et disposée à affronter toute forme de conflit ... 

Sous la présidence de Raul Castro, le gouvernement cubain a opéré une série de changements dans son système économique, la présence de l'État restant concentrée dans les secteurs stratégiques, à savoir la planification socialiste, le développement énergétique et le maintien de la souveraineté nationale. Les réformes du Modèle Économique Cubain vont-elles se poursuivre ?

Le drame et les difficultés de la « Période Spéciale » ont permis au gouvernement cubain de définir la méthodologie pour perfectionner le modèle économique socialiste cubain. C’est ainsi que, depuis 1995, les indices économiques ont commencé à s'améliorer. Par la suite, en 2000, la croissance de l'économie cubaine s'est stabilisée entre 4% et 5%, puis, en 2006, elle a enregistré une accélération soudaine, atteignant les 11%. Par conséquent, en 2010, le gouvernement de Raul Castro a décidé de réduire la présence de l'État dans l'économie, permettant à une série d'activités et de services commerciaux d'être gérés et administrés par des particuliers, qui sont ainsi devenus propriétaires et entrepreneurs. Beaucoup d'entre eux sont même devenus députés. En 2016, lorsque la crise économique a éclaté au Brésil et en Argentine et que les USA ont organisé le sabotage de l'économie vénézuélienne, la récession a menacé d'attaquer l'économie cubaine. Ce fut donc justement à ce stade que la justesse de toutes les mesures prises par le gouvernement cubain pour améliorer le modèle économique socialiste cubain a pu être vérifiée, y compris dans le secteur privé.

Ce que beaucoup ne comprennent pas c'est qu'à Cuba les décisions politiques et surtout économiques dépendent de l’accumulation des expériences vécues. Autrement dit, chaque décision correspond à une phase spécifique du processus de développement et pour cette raison, chaque décision est étudiée et analysée collectivement. Miguel Diaz-Canel était présent dans tous les débats et les programmes de recherche menés pour définir les changements qui devaient être introduits dans le processus de développement, ce qui signifie que la révolution cubaine, encore une fois, aura un président qui connaît les mécanismes et les difficultés qu’il y a à améliorer le modèle de planification, qui a toujours eu sa propre dynamique. Tant et si bien que, jusqu'à aujourd'hui, la planification de l'économie a été redéfinie neuf fois, non seulement pour dynamiser les nouveaux secteurs, mais aussi pour remédier à la stagnation de ceux qui souffraient du blocus économique imposé par les USA.

Je voudrais rappeler qu'en avril 2011, le plan d’actualisation du modèle de planification socialiste a été lancé, ce qui a entraîné une série de changements, petits, moyens et grands dans l'économie cubaine. Puis, en 2016, à l'occasion du 7ème Congrès du Parti communiste, ces changements ont fait l'objet d'une révision complète afin de déterminer la suite et leur éventuel élargissement. Autrement dit, on a établi un bilan analytique de ce qui a été fait, pour ensuite définir ce qui devra être fait à l'avenir. C'est donc sur cette base qu’on est en train de lancer le nouveau modèle de planification qui se prolongera jusqu'en 2030, c'est-à-dire un processus d'actualisation de la planification socialiste dans toutes ses dimensions. »

Le président Raul Castro a pu entamer un dialogue avec l’administration de Barack Obama. Cependant, son successeur Donald Trump y a tout de suite mis un terme. Pour reprendre ce dialogue, faudra-t-il attendre la fin du mandat de Trump ? Entretemps, que peut faire Miguel Diaz-Canel?

Les événements internationaux ne dépendent pas des individus, mais des relations et des rapports de force qui se tissent au niveau international. Je répète, précisément parce que je le connais personnellement, que Miguel Diaz-Canel, essaiera de manifester la volonté de paix de Cuba en essayant d’établir des relations équilibrées avec les USA. Voyez-vous, cela a toujours été la volonté politique de la Révolution cubaine et du peuple cubain de tenter d'engager un processus de négociation avec les USA. Raul Castro, dans ses fonctions de président, a représenté et coordonné cette décision collective du peuple. Un processus qui s'est ensuite concrétisé grâce, également, à la multiplication des appels de la part d'entités internationales, le pape François en tout premier lieu. Dans ce contexte, les manifestations de solidarité qui ont eu leu dans le monde entier se sont avérées très importantes, et également parce qu'elles ont contribué à la libération définitive des cinq héros cubains. Malheureusement, après ce bon début, Obama a tenté d'imposer des conditions impossibles, pendant que la grande presse tentait de tenir le gouvernement cubain pour quantité négligeable en faisant croire que la normalisation des relations entre les deux pays avait eu lieu, de sorte que le capitalisme serait de retour à Cuba!

La vérité est qu'Obama et ses conseillers n'ont jamais laissé de place à la discussion sur les grandes questions liées à la normalisation. En réalité, un premier pas timide a été fait avec la réouverture des ambassades, qui n'a été suivie d'aucune décision de l'administration usaméricaine sur la question du blocus économique ou de l'occupation du territoire de Guantanamo. En fait, pour Cuba, ce sont des points incontournables, et tant que les USA ne décideront pas d’y remédier, il sera impossible de parler de normalisation des relations entre Cuba et les USA.

Avec Trump, le processus de négociation a définitivement pris fin, non parce que c’est un méchant réactionnaire coléreux, mais parce qu'il représente les intérêts d'une partie de la bourgeoisie dominante usaméricaine dominante. En conséquence, la Maison Blanche a resserré le blocus économique contre Cuba, parce qu'elle voudrait étendre ce blocus même au Venezuela du président Maduro. C'est donc une décision qui s'inscrit dans le cadre des actions stratégiques pour dominer à nouveau l’Amérique latine en éliminant tous les gouvernements progressistes. Une stratégie qui, en premier lieu, impose la rupture avec Cuba: en fait, pour l'impérialisme, le processus de négociation avec Cuba est devenu politiquement incompatible avec les coups d'État légaux au Brésil, au Paraguay et en Équateur, avec le sabotage de l'économie vénézuélienne associé à diverses menées subversives. En cela, tout dépend de la volonté des USA !

À ce propos, l'ex-président Raul Castro a déclaré : « ... Il existe un sentiment majoritaire dans la population des USA et dans la communauté cubaine de l'étranger qui est opposé à la poursuite du blocus économique et donc favorable au rétablissement et à l'amélioration des relations bilatérales. Malheureusement, les individus et les groupes qui exercent une grande influence sur les décisions du président Trump sont liés à des programmes et à des projets hostiles et agressifs envers Cuba: aujourd'hui, l'impérialisme US crée des conflits, pratique des politiques répressives… Il utilise ses multinationales et les plateformes technologiques hégémoniques pour imposer la Pensée Unique, pour manipuler le comportement des hommes, envahir notre culture, effacer la mémoire et l'identité nationale, et surtout, pour contrôler et corrompre les politiciens et manipuler les processus électoraux. »

En pratique, les négociations reprendront quand les USA respecteront les règles suivantes: 1) Respect et égalité de dignité entre les parties contractantes; 2) Aucune renonciation par Cuba à son projet de société socialiste et révolutionnaire; 3) Fin immédiate du blocus économique; 4) Restitution immédiate de la partie du territoire cubain où a été construite la base militaire de Guantanamo. 

Les premiers présidents à avoir rencontré Miguel Diaz-Canel ont été le Vénézuélien Nicolas Maduro et le Bolivien Evo Morales. S'agit-il d'une simple démonstration diplomatique ou, au contraire, sommes-nous devant le renforcement d'une alliance politique, économique et géostratégique?

Cela m'a fait un immense plaisir de voir Nicolas Maduro rencontrer Miguel Diaz-Canel, immédiatement après son élection, puis assister sur Telesur à sa rencontre avec le président bolivien Evo Morales. Ces deux rencontres ne sont pas seulement des manifestations diplomatiques. Au contraire, elles représentent, comme tu l’as dit, le renforcement d'une alliance, politique, économique et géostratégique. Autrement dit, le renforcement de l'ALBA, de la CELAC et de l’UNASUR, alors que l'impérialisme US tente de saper les organismes régionaux créés par les pays progressistes, après avoir réussi à démanteler le Mercosur en utilisant la crise du Venezuela, spécialement suscitée à cet effet, et celle du Brésil après la destitution parlementaire de Dilma Rousseff suivie de l'emprisonnement de l'ancien président Lula.

Je me réfère non seulement aux prochaines élections au Venezuela, que le PSUV et les partis qui constituent le Front populaire vont presque certainement gagner, maintenant à la présidence et à la tête du gouvernement un Nicolas Maduro de plus en plus déterminé à faire respecter la souveraineté nationale et les décisions du peuple. Je parle également des élections au Paraguay, où l'opposition, réunie dans le Front GANAR, a obtenu 47,8% des voix, empêchant ainsi la droite d’obtenir la majorité absolue. Je me réfère à la situation au Nicaragua, où les antennes habituelles de la CIA ont essayé de mettre en branle un processus de subversion en manipulant des différends au sein du gouvernement sur la réforme de la loi sur les nouvelles cotisations de retraite. Je me réfère à la situation au Brésil où, dans le but de mener à bien le projet de privatisation totale des ressources naturelles et structurelles en faveur des multinationales, l'ex-président Lula a été arrêté et condamné à tort pour empêcher sa victoire aux élections présidentielles d’octobre. Je me réfère à la situation de l’Argentine, que le gouvernement conservateur de Mauricio Macri a de nouveau fait plonger dans le bourbier de la récession. Je fais référence à la situation en Colombie, où l'accord de paix avec les FARC commence à être remis en question, et celui avec l'ELN reste toujours plus incertain et lointain.

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Le coin des crétins, Musée de la Révolution, La Havane

 Le 18 Avril les ministres des Affaires étrangères du Brésil, de l'Argentine, la Colombie, du Chili, du Paraguay et du Pérou ont déclaré que leurs pays respectifs suspendaient temporairement leur adhésion à l'UNASUR. Alors, l’UNASUR risque-t-elle de connaître le même sort que le Mercosur?

C'est possible, c’est un grand risque ! D'ailleurs, c'est ce que les USA ont toujours voulu, et qu’ils ont obtenu grâce à l’aide de M. Luis Almagro, alias M. Pancake. N’oublions pas que les controverses et les divisions du Mercosur ont commencé au moment précis où Almagro a déclaré : « ... Nicolas Maduro ne peut pas assumer la présidence du Mercosur car c’est un dictateur. » Malheureusement, l'élection du conservateur Sebastian Piñera Echenique au Chili, et l'opportunisme du président péruvien, Martin Vizcarra, ont conduit à l'effondrement de l'UNASUR, au point que le ministre des Affaires étrangères du Paraguay, Luis Loizaga - l'un des auteurs de la destitution du président Fernando Lugo - a déclaré que « ... l'UNASUR avait besoin d'un nouveau lavage idéologique ... ».

Il est clair que derrière ce scénario s’agitent des hommes liés aux maîtres de la Maison Blanche qui essaient de saper les projets d’UNASUR - en particulier les programmes énergétiques régionaux - pour remettre en selle les formules libérales qui, dans le cadre du « Consensus de Washington », prévoyaient de recycler le Mercosur en l'associant à l'Alliance du Pacifique, où les multinationales US tirent les ficelles. Cependant, ce que je trouve très grave c’est qu’ici, en Italie et dans l'Union européenne, la soi-disant gauche eurocentriste et réformiste, et même certains secteurs de la gauche, feignent d'ignorer la situation en Amérique latine, afin de ne pas être obligés de prendre une position politique bien définie. 

Le silence de la « Grande Presse » et en particulier celui des représentants de la droite vénézuélienne confirme les prévisions de victoire du Front populaire et donc du Président Maduro au Venezuela. Penses-tu qu'un nouveau succès de chavisme rendra encore plus agressive la stratégie impérialiste qui considère maintenant Cuba et le Venezuela comme des « ennemis communs » ?

Les USA encouragent la subversion, le sabotage et le terrorisme médiatique contre le gouvernement bolivarien et contre le président Nicolas Maduro, parce que ceux-ci empêchent les multinationales US d'exploiter les grandes richesses pétrolières et minérales du Venezuela. Si Chavez avait permis à Chevron, Mobil et Texaco de continuer à pomper le pétrole et le gaz du Venezuela comme par le passé, la Sixième flotte US serait sans doute restée amarrée à la base navale de Norfolk.

Malheureusement, les intérêts économiques des compagnies et les courtiers de Wall Street ne laissent espérer aucun moment de paix pour le Venezuela, comme pour Cuba. Je suis sûr que, suite à la victoire du Front populaire et à la confirmation du président Nicolas Maduro à la tête du Venezuela, les USA vont accroître leurs pressions et leurs sanctions économiques et financières. Car en attaquant le Venezuela sur le plan économique et financier, les USA tentent de fragiliser l'ALBA, et ainsi faire revenir dans leur sphère d'influence tous les petits pays des Caraïbes. Certains d'entre eux avaient rejoint l'ALBA pour profiter des avantages des contrats pétroliers passé avec Petrocaribe. En fait, si le gouvernement vénézuélien continue d'être obligé d'importer 80% des produits alimentaires et industriels, qui auparavant étaient produits par l’industrie vénézuélienne, la compagnie pétrolière nationale, la PDVSA, ne pourra certainement plus offrir de garantie quant aux prix spéciaux et aux quantités de pétrole prévues à Petrocaribe. À cet égard, je voudrais rappeler que la destitution parlementaire au Paraguay du président Francisco Lugo a empêché la signature de l'accord avec Petrocaribe, la participation du Paraguay à l'ALBA et le vote de ce pays en faveur de l'entrée du Venezuela dans le Mercosur. Cependant, une victoire majoritaire du Front populaire au Venezuela est d'une extrême importance, car elle peut réveiller dans de nombreux pays du continent latino-américain l'espoir et la volonté de consolider la démocratie et la souveraineté populaire.

NdE

* Matteo Salvini, leader de la Ligue (ex du Nord) et Luigi Di Maio, leader du Mouvement 5 Etoiles (M5S), mènent des tractatives pour tenter de former un gouvernement depuis les élections du 4 mars dernier, d’où aucune majorité de « gouvernabilité » n’est sortie. Ils viennent de convenir que si aucun accord n'était trouvé pour mettre sur pied un gouvernement, des élections législatives anticipées devraient se tenir le 8 juillet en Italie, tandis que le Président de la République Mattarella propose de former un gouvernement "apolitique" pour traiter les affaires courantes.

** Les élections législatives du 4 mars 2018 en Italie ont utilisé un système proportionnel mixte, avec 37 % de sièges alloués au scrutin uninominal majoritaire à un tour et 63 % au scrutin proportionnel, dont 2 % réservés pour les Italiens résidant à l'étranger (vote par correspondance uniquement). Le Sénat et la Chambre des députés ont utilisé tous deux la méthode de Hare pour l'attribution des sièges. Le seuil est de 3 % pour avoir des élus à la proportionnelle (plus un seuil de 20 % sur une base régionale au Sénat). Ce seuil est porté à 10 % pour les coalitions. En dessous de 1 % les voix obtenues par les partis en coalition ne comptent pas.

Achille Lollo

Original: “Cuba denuncia la politica degli USA e dinamizza il ruolo della Rivoluzione!”
Intervista con Luciano Vasapollo

Traduit par Jacques Boutard

Edité par : Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

Traductions disponibles : Español 

Source : Tlaxcala, le 8 mai 2018


 

 
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