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A la COP23, les Etats ne donnent aucune garantie sur leur capacité à désamorcer la bombe climatique

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A l’alerte scientifique renouvelée en amont et pendant la COP 23 aurait dû succéder un sursaut politique : dans les moments difficiles, on attend des chefs d’État et de gouvernement qu’ils prennent des décisions courageuses et visionnaires. Malheureusement, en parallèle de négociations techniques qui ne prendront fin qu’en 2018, les États, France et Union Européenne (UE) compris, n’ont pas profité de la COP 23 pour expliquer comment ils allaient désamorcer la bombe climatique.

Les mobilisations des semaines à venir contre le CETA, pour mettre fin à l’évasion fiscale ou pour se débarrasser des financements publics qui vont encore aux énergies du passé devront être entendues : « il n’est pas trop tard pour enterrer les politiques climaticides et accélérer la transition énergétique en France et en Europe ».

Nous le savons depuis la COP 21 : le fossé entre les engagements de réduction d’émissions de gaz à effet de serre (GES) annoncés en 2015, et le niveau qu’ils devraient atteindre pour contenir le réchauffement climatique mondial en deçà des 2 °C, est abyssal. Refusant de résorber cet écart insoutenable lors de la COP 21 (et depuis), les États avaient daigné accepter « un dialogue facilitateur » en 2018 pour remettre ce sujet sur la table. Lors de la COP 23, ils n’ont malheureusement donné aucune garantie sérieuse pour que ce dialogue de Talanoa, ainsi renommé par la présidence fidjienne, s’acquitte de cette tâche urgente.

Pour Maxime Combes, porte-parole d’Attac sur les enjeux climatiques : « Nous payons aujourd’hui le prix des limites intrinsèques de l’Accord de Paris qui n’a pas été doté de dispositifs suffisants pour imposer aux États de revenir sur une trajectoire inférieure à 2 °C. Ce refus de toute contrainte internationale conduit à des engagements volontaires (bottom up) déconnectés des objectifs globaux de réduction d’émissions, qu’un traité basé sur un droit non contraignant, qui incite plutôt qu’il ne régule ou sanctionne (soft law), ne permet pas de rendre plus ambitieux. Il est donc temps que les États lèvent enfin les sérieuses menaces qui pèsent sur l’avenir et le contenu des politiques climatiques pour qu’enfin, après 25 ans de négociations, les émissions mondiales de GES commencent à diminuer. »

Selon Geneviève Azam, porte-parole d’Attac sur les enjeux climatiques : « Loin du rôle de leadership qu’elle prétend incarner, l’UE fait la promotion des marchés carbone qui ont fait preuve de leur inefficacité et de leur dangerosité, plutôt que de revoir à la hausse ses objectifs pour 2020 et 2030. L’UE reprend également à son compte le discours des lobbys gaziers pour justifier la construction de nouvelles infrastructures gazières non nécessaires et incompatibles avec une réduction ambitieuse de ses émissions de GES. Dans le même temps, tapis derrière le désengagement des États, un certain nombre de lobbys promeuvent des options technologiques qui ne sont absolument pas appropriées, telles que la capture et le stockage de carbone et la géoingéniérie, le tout au nom de concepts dangereux tels que les « émissions négatives » ou « la neutralité carbone ». »

Il ne faut pas pour autant céder au climato-fatalisme : ce n’est pas l’objectif des 2°C (ou celui des 1,5°C) qu’il faut enterrer, pas plus que le processus onusien, mais bien les décisions politiques et économiques qui nous en éloignent de manière irréversible. Puisons le souffle éthique et politique nécessaire pour mettre fin à l’inertie climatique des États là où il se trouve : des mobilisations contre le charbon en Allemagne (Ende Gelaende) à celles des populations indigènes pour la préservation de leurs terres, en passant par toutes les expériences citoyennes en matière de transition énergétique, la société est bien souvent en avance sur les États et les gouvernements. Ces derniers n’ont donc plus aucune excuse.

Il s’agit donc de trouver les voies juridiques, politiques, sociales pour empêcher des régressions aux effets irréversibles et mener à bien une transition énergétique qu’Emmanuel Macron ne cesse de repousser à plus tard. Le sommet “One Planet Summit” qu’il organise le 12 décembre à Paris doit-être l’occasion de faire en sorte qu’il n’y ait plus un seul euro d’argent public qui transite par la CDC, la BPI, la BEI ou la Banque mondiale pour financer des infrastructures liées aux énergies fossiles. Alors que les Paradise papers ont montré que les pratiques d’évasion fiscale sont au cœur du système économique et des pratiques des multinationales liées aux hydrocarbures fossiles, nous exigeons du gouvernement une réponse appropriée et qu’il revienne notamment sur sa décision de saborder la taxe européenne sur les transactions financières et de réduire à portion congrue la taxe française.

Les mobilisations des semaines à venir, que ce soit le 18 novembre contre le CETA qui n’est pas climato-compatible, le 2 décembre contre l’évasion fiscale qui grève la capacité des pouvoirs publics à financer des politiques climatiques ambitieuses, ou le 12 décembre contre le financement des énergies fossiles et fissiles, devront être entendues : « il n’est pas trop tard pour enterrer les politiques climaticides et accélérer la transition énergétique en France et en Europe »

ATTAC, comuniqué le 17 novemre 2017

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